Quatre ans après avoir cédé les clés de la municipalité, Bouna Koïta s’apprête à redescendre dans l’arène. L’ancien édile de Dialambéré sort du silence à travers une grande interview exclusive, confirmant sa candidature aux prochaines élections locales. Derrière la posture de l’homme d’État local, s’esquisse une critique acerbe de la gestion actuelle et un appel au « sursaut collectif » à travers une nouvelle dynamique baptisée la coalition Kawral (l’Union).Un bilan municipal passé au scalpelBien qu’il affirme vouloir esquiver la « polémique », Bouna Koïta n’a pas retenu ses coups face au bilan de son successeur. Dressant un inventaire méthodique des urgences de la commune, l’ancien maire a pointé du doigt les angles morts d’une gestion qu’il juge déconnectée des réalités du terrain. Stade municipal inachevé, station-service à l’abandon, ambulances immobilisées, forages en panne : la liste des doléances est longue et touche directement le quotidien des administrés.Mais c’est sur le terrain social et de la transparence que l’ancien édile cogne le plus fort. Évoquant le projet agro-industriel controversé SWAMI AGRI, il accuse l’équipe en place d’avoir « profondément affecté le climat social » et fragilisé la cohésion communautaire des villages environnants. Réclamant l’accès des citoyens aux comptes administratifs, il lâche une formule qui fera date dans le débat local : « Être maire, ce n’est pas du mannequinat politique. C’est être au contact des populations et travailler quotidiennement à l’amélioration de leurs conditions de vie. »Entre ancrage local et hauteur nationaleSi l’interview est profondément ancrée dans les terroirs de Dialambéré, Bouna Koïta n’en oublie pas pour autant les grands débats qui agitent le Sénégal. Interrogé sur les velléités de révision constitutionnelle, l’homme politique invite à la prudence et au sens des priorités, convoquant les figures tutélaires de Léopold Sédar Senghor et de Nelson Mandela. Pour lui, le pacte fondamental ne saurait être modifié sans un contexte apaisé. « Les priorités sont sociales et économiques : coût de la vie, emploi, confiance citoyenne », rappelle-t-il, mettant en garde contre tout décalage entre les réformes institutionnelles et les urgences du peuple.Le pari de la coalition « Kawral »Constatant les « déceptions » et les « frustrations » exprimées par les populations depuis 2022, Bouna Koïta refuse de s’en tenir au simple rôle de procureur. L’enjeu est désormais électoral. Pour reconquérir la mairie, il lance un appel à une large union transpartisane, la coalition Kawral. Une bannière sous laquelle il entend transcender les clivages générationnels, familiaux et géographiques pour « redonner espoir » à la commune.
À Dialambéré, le match retour est officiellement lancé. Reste à savoir si l’appel à l’unité de l’ancien maire suffira à sceller les retrouvailles entre son ambition et les suffrages des Dialambérois.

























