Gestion 2025 du FADP : le patronat de la presse dénonce des irrégularités et prépare des recours

Lesenegalaislibre
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XALIMANEWS: Suite à la publication, mardi 7 avril, du rapport sur la gestion 2025 du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, l’absence de certains médias privés parmi les bénéficiaires a suscité de vives réactions.

Mercredi 8 avril, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) a tenu une conférence de presse pour dénoncer ce qu’il qualifie de violations flagrantes des règles d’attribution du FADP. Le patronat de la presse envisage désormais des recours auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) ainsi qu’au niveau de la justice pour ce qu’il considère comme un détournement de fonds publics.

Des irrégularités procédurales dénoncées

Selon le CDEPS, l’analyse du rapport officiel met en évidence une répartition inéquitable et opaque des subventions, contraire à l’esprit du FADP. Les membres du Conseil soulignent que, malgré l’annulation par la Cour Suprême de trois arrêtés ministériels encadrant le secteur, le ministère continue de s’appuyer sur la plateforme DMS, jugée non conforme aux lois de la République, pour instruire les dossiers.

Cette situation se traduit par un écart considérable dans l’octroi des subventions : plus de 80% des dossiers numériques sont financés, contre seulement 30% des dépôts physiques, un déséquilibre que le CDEPS considère comme intentionnel.

Des violations légales selon le CDEPS

Le patronat rappelle que le décret n°2021/168 du 27 janvier 2021, qui organise le FADP, stipule clairement que le Fonds est destiné aux entreprises de presse privées régulièrement constituées sur le territoire national. Or, certains bénéficiaires, comme la RTS, Le Soleil ou la Maison de la Presse, ne figurent pas dans les articles 9 et 10 du décret. Pour le CDEPS, leur financement constitue donc une violation textuelle et manifeste de la loi.

Des recours envisagés

Face à ces manquements, le CDEPS annonce qu’il saisira l’OFNAC et la justice pour contester ce qu’il qualifie d’abus manifeste dans la gestion des fonds publics. Mamadou Ibra Kane et ses collègues précisent que cette démarche n’est pas une contestation politique, mais l’exercice légitime des voies de droit ouvertes aux organisations face à des actes contraires à la loi.

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