Casamance : la relance du déminage au cœur du « Plan Diomaye », soutenue par de nouveaux partenariats internationaux

diatiger
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Sénégal – Le gouvernement accélère les opérations de dépollution des sols en Casamance, avec un appui renouvelé du Japon, de l’Inde et d’autres partenaires internationaux.

Par une volonté politique affirmée, les autorités sénégalaises entendent boucler, d’ici mars 2026, le processus de déminage humanitaire en Casamance, région meurtrie par des décennies de conflit. Intégré au « Plan Diomaye pour la Casamance », ce chantier stratégique bénéficie d’un regain d’intérêt international.

Lancé récemment par le président Bassirou Diomaye Faye, le « Plan Diomaye pour la Casamance » vise à accompagner le retour des déplacés et la reconstruction d’une région encore marquée par la présence de mines antipersonnel. Le Bureau d’information et de communication du gouvernement (Bic-Gouv) souligne, dans une note diffusée à la presse, que la nouvelle administration s’est pleinement réapproprié cette problématique longtemps négligée.

Une dynamique internationale relancée

Deux puissances asiatiques ont d’ores et déjà répondu à l’appel. Le Japon a octroyé un appui financier de 460 millions de yens, soit près de deux milliards de francs CFA, tandis que l’Inde s’est engagée à hauteur d’un million de dollars (près de 565 millions de FCFA). D’autres partenaires pourraient suivre. Des discussions sont en cours avec plusieurs États, dont l’Algérie, la Norvège, l’Arabie Saoudite, le Koweït, les États-Unis, la France et l’Allemagne.

Cette mobilisation entre dans le cadre de la Convention d’Ottawa, que le Sénégal a ratifiée, et qui oblige les États parties à demander ou fournir une assistance technique et financière en matière de lutte contre les mines.

Une ambition claire : assainir 1,5 million de m²

Lors d’une réunion interministérielle tenue le 8 octobre 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko a rappelé l’urgence d’agir. Il a instruit la ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères d’accélérer le déminage des 1,5 million de mètres carrés encore contaminés. Le chef du gouvernement a aussi demandé une réflexion sur le repositionnement institutionnel du Centre national d’actions anti-mines du Sénégal (CNAMS).

Le financement global des opérations est évalué à 15 milliards de FCFA, que l’État sénégalais prévoit d’inscrire dans le budget national. La date butoir de mars 2026, fixée par la Convention d’Ottawa, impose une cadence soutenue.

Trois prolongations, et une dernière chance ?

Depuis le début du processus, le Sénégal a bénéficié de trois extensions de délai, sans parvenir à éradiquer complètement la menace des mines. Cette fois, les autorités assurent vouloir mettre en synergie toutes les compétences nationales et internationales pour parvenir à une dépollution totale du territoire.

« Le nouveau Plan Diomaye et les dynamiques de coopération enclenchées devraient, cette fois-ci, permettre au Sénégal de parachever le déminage », conclut la note du Bic-Gouv.

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