Collecte illégale de données, extorsion numérique, manœuvres politiques et pression sociale dans le tourisme : les quotidiens sénégalais de ce lundi dépeignent un paysage national traversé par des secousses multiples.
Au cœur de l’actualité nationale, l’affaire dite « Kocc Barma » continue de faire tomber des têtes. Le journal Libération révèle que l’enquête judiciaire en cours s’oriente vers des « liaisons dangereuses », impliquant des figures connues du monde politique et numérique. Au centre du dossier, El Hadj Babacar Dioum, présenté comme le cerveau derrière le pseudonyme “Kocc Barma”, est poursuivi pour collecte illégale de données personnelles, extorsion de fonds, diffusion de contenus pornographiques, dont pédopornographiques, et blanchiment d’argent.
Mais l’affaire a pris un tournant inattendu avec l’arrestation, à l’Aéroport international Blaise Diagne, d’El Hadji Assane Demba, informaticien déjà condamné en 2013 pour vol d’identités numériques de personnalités publiques. Interpellé puis placé en garde à vue, il est soupçonné de complicité active dans le réseau.
Selon Libération et L’Observateur, l’audition surprise dans ce dossier est celle de Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines, entendu avant d’être relâché sans charge. Il aurait entretenu des échanges avec El Hadji Assane Demba, décrit comme son “informaticien”.
Farba Ngom : mobilisation dans le Nord
Dans un autre registre judiciaire, la mobilisation en faveur de Farba Ngom prend de l’ampleur. L’As, Vox Populi et Les Échos relatent la marche pacifique tenue à Ourossogui, où une foule importante a réclamé la libération du député-maire des Agnam, incarcéré depuis avril pour blanchiment d’argent, escroquerie et association de malfaiteurs. Ses partisans dénoncent un “acharnement” et alertent sur la dégradation de son état de santé.
Renouveau et fractures à l’APR
EnQuête s’intéresse aux mutations internes à l’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall. Depuis la perte du pouvoir, l’APR connaît des départs mais aussi des ralliements inattendus, comme celui de l’écrivain Hamidou Anne, présenté comme le visage d’un renouveau.
“Les partis meurent rarement de mort naturelle. Ils se déchirent de l’intérieur ou se réinventent à contre-courant”, écrit le journal, évoquant un moment charnière pour une formation politique en quête d’identité.
Tourisme : les freins d’un secteur stratégique
Enfin, Le Soleil met en lumière les obstacles à la promotion du tourisme local, en particulier sur la Petite-Côte. À Saly, Mbour ou encore Somone, la cherté des services et les tabous sociaux freinent l’appropriation du secteur par les Sénégalais eux-mêmes. L’article souligne l’urgence de mieux intégrer les communautés locales dans la chaîne de valeur touristique.






























