Éduquer aux contenus au-delà des médias

Xalima
By
Xalima
13 Min Read

L’éducation aux médias doit se repréciser par le biais de celle aux contenus.

L’authentification et la vérification prennent une place de plus en plus importante dans notre rapport aux contenus des médias et réseaux. Les outils intelligents de production de contenus, la prolifération des applications de fabrication du faux, la banalisation de la génération de contenus par les usagers doivent inciter à nous outiller de connaissances et de bonnes pratiques pour sauvegarder l’intégrité de notre communication humaine. Maintenant aussi bien pour les diffuseurs que pour les usagers.

Comme quand, fort d’un savoir sur le réel, devant une image en noir et blanc, les couleurs naturelles des objets représentés peuvent s’imposer à nous. Tout comme, sans être un nez, nous différencions les parfums naturels de ceux de synthèse.

La technologie et quelques-uns de ses développements fulgurants installent la nécessité de ce nouvel stock de connaissances sur les spécificités des contenus, propice à la recherche de l’authenticité, à la vérification et à la validation.

Il faut alors renforcer l’éducation aux médias.et à ces autres représentations pour faire face à plus de subjectivité et à de plus en plus de contenus virtuels répliquant le réel, voire le vrai. Donc augmenter les capacités en éducation aux contenus.

Éducation par les connaissances et non par les interdictions

Une première vérité de l’éducation aux contenus : ne pas compter sur les interdictions (qui peut empêcher de penser au bleu devant la représentation d’un paysage ensoleillé en noir blanc avec un ciel en gris. Le principe du paysage en noir et blanc). Mais plutôt, faire savoir les racines de la production et de l’origine des contenus tout comme des médias, expliquer et pousser à chercher à en savoir plus; à « pouvoir penser au bleu ».

Car, le tout est de chercher à garantir le plus de sécurité et d’objectivité dans la communication humaine, en lui gardant son sens, voire en l’augmentant pour des acteurs bien informés et dotés d’un esprit critique.

En parfumerie, les informations captées par les sens peuvent être reconnues et classées mais ne seront pas nécessairement déterminantes de l’action envisagée, ceci en fonction d’autres critères qui peuvent prédominer (gout, produits naturels, prix d’achat, lieu, températures extérieures habituelles, …). Le principe du nez.

Ce même réflexe doit être acquis pour les contenus et/ou les médias et peut renvoyer à divers critères pour la suite à envisager : le média dans son environnement, l’auteur du contenu, son contexte, l’existence d’une source fiable, de données ou de dates vérifiables, d’un référencement ou de mentions légales, le traitement du sujet par d’autres … Jusqu’à, le cas échéant, l’utilisation des informations d’outils de vérification ou de professionnels de la vérification de contenus.

Principes de l’éducation aux médias

En général, les experts se concentrent, en la matière sur les notions de : Compréhension, Capacité de jugement critique, Créativité, Consommation, Citoyenneté  et Communication interculturelle. Les 6 C. J’ajoute souvent un 7ème , pour Civisme numérique, pour pointer plus particulièrement le comportement digital individuel et la nécessaire responsabilité associée.

Et dans le détail, inciter à agir de sorte que s’instaure un environnement favorable à:

–             l’expression du civisme et la responsabilisation des usagers ;

–             la satisfaction du droit des citoyens à la protection face aux contenus trompeurs avec des règles juridiques et éthiques, la régulation, l’information pour un accès sécurisé face aux techniques, aux outils et aux données;

–             la garantie d’une implication en toute sécurité des citoyens dans l’univers des outils intelligents dans l’ère post numérisation avec une liberté de choix;

–  la préservation de ce qui relève de la vie privée, de droits démocratiques et de la citoyenneté.

Le civisme impose aussi d’augmenter la vigilance pour ses propres publications et contenus. Ce qui participe de bonnes pratiques pouvant influer sur un environnement général des contenus. L’on ne doit cesser d’user d’avertissements, de rappel de principes de précaution et de bonnes pratiques pour faire savoir et prendre conscience des enjeux. Il n’est pas inutile, par exemple, de rappeler quelques principes de base. Les contenus exposés peuvent être d’origine licite ou non (notamment pour les données personnelles parfois collectées en arrière-plan et exploitées par des applications en sachant que leur protection n’est pas pareillement régie dans les différents pays);  l’on peut toujours retrouver trace de ce qui a été posté et même effacé; il faut éviter de transmettre des données personnelles dans le processus de création et d’exposition de contenus, veiller au respect de la loi dans les téléchargements et enfin savoir que perdre ou se faire voler un outil intelligent peur être une source d’exposition de données personnelles.

Mais le sujet et l’approche sous cet angle sont bien entendu plus larges.

Qui éduquer et par qui

Qui, en charge de l’éducation aux contenus?

On peut penser aux médias, classiques et nouveaux, qui ont encore l’avantage d’héberger le plus grand nombre de professionnels et qui se targuent d’une relation de confiance avec leurs publics. Ou, par opposition, aux vecteurs de communication qui n’ont presque pas de responsabilité quant à la crédibilité de leurs contenus, l’éthique ou la déontologie. Pour autant que ce découpage reste valable face au développement de modèles économiques alternatifs qui sont souvent les déterminants des comportements, mutations ou glissements des uns et des autres. A la vérité, pour tenir compte du réel, ia solution serait que l’ensemble de ces vecteurs se mettent à faire cette éducation. Mais une telle ingénuité ne saurait se passer d’une instruction de beaucoup des acteurs eux-mêmes pour leur faire accepter qu’une meilleure formation aux contenus peut entrainer en retour une plus grande qualité de leur production et de leur consommation par des publics plus avertis. Donc plus de valeur.

Partenariat gagnant-gagnant et transparent mais qui, objectivement, ne sera possible qu’avec la définition préalable de nouvelles relations d’affaires entre ces différents acteurs. Ce n’est pas gagné! Il en est de même pour la demande d’un marquage embarqué des productions de l’IA pour une détection automatique.

Mais l’heure n’est plus aux hypothèses et, dans tous les cas, il faut se mettre à l’œuvre avec l’aide de tous les acteurs prêts à s’engager.

En se convainquant que cela reste une entreprise individuelle et collective (individu, société civile, médias, organismes de régulation, producteurs de contenus et développeurs d’applications, organisations professionnelles de communication, industriels, état …).

Ceci, pour une volonté d’éducation en direction du grand public pour des citoyens qualifiés pour la maîtrise de leur vie privée et de leurs territoire et consommations sur  divers supports et réseaux en partage. Ainsi que pour le civisme numérique, pour une transparence de plus en plus présente dans le recueil et l’usage des paramètres personnels. Sans oublier, la mise en valeur des amas de données au profit de la collectivité, la protection de la société et une gouvernance améliorée et une plus grande veille pour la transparence et le développement de services toujours respectueux de la liberté de choix et de l’individu. Surtout que d’autres tendances se dessinent.

En conclusion, pourquoi l’on ne peut attendre.

La facilité de représentation d’un monde irréel et de génération de contenus par des outils ouvre la voie, parfois, à des usages non souhaitables. Notamment pour l’internet et ses applications comme le Web, les médias sociaux dont les réseaux sociaux et les algorithmes de l’intelligence machine de l’ère post numérisation.

Il ne faut pas attendre pour renforcer l’éducation des publics aux contenus. Pour les doter en connaissances et en attitudes pour presque toujours pouvoir avoir les bons réflexes en vue de compléter, évaluer, vérifier voire authentifier des informations issues de contenus divers. Tout comme devant une image en noir et blanc d’un paysage, nous savons automatiquement qu’il peut manquer des informations selon l’usage souhaité ou l’origine (photo, dessin, …) : parce que nous savons que le ciel est presque toujours bleu et que l’herbe est souvent verte, ou qu’il nous est possible de vérifier ce qu’est leur couleur naturelle.

Il faut nous habituer à rechercher et à nous nourrir de méta-contenus, des informations sur les contenus, dont : le média dans son environnement, l’auteur du contenu, son contexte, sa source, les destinataires du sujet, son objectivité, la précision de données ou de dates, les données de référencement, les mentions légales, les attributs comparés à des sujets similaires (notamment pour les informations sensibles ou complexes), … Bien entendu, pour un contenu donné, son usage, sa popularité, la confiance accordée au média ou à l’auteur, seuls quelques-uns de ces critères pourraient être retenus. Tout comme, selon la suite envisagée, l’on pourrait aller jusqu’à faire appel à des outils de vérification.

C’est d’autant plus important, de renforcer, individuellement ou collectivement, les capacités des publics et des usagers, qu’il y a d’autres perspectives. La technologie étend la prolongation de notre perception du monde au-delà de nos sens, vue et ouïe, habituellement sollicités par les médias actuels, en ciblant d’autres quant à la capture du monde réel et aux contenus créés par l’homme. Avec une extension possible aux autres sens(avec des outils haptiques pour le toucher, notamment dans les jeux vidéo, et depuis 2003, des casques de réalité virtuelle dotés d’une technologie faisant appel à l’odorat. Dans les développements attendus, il y aura une place pour le goût, surtout si l’on sait qu’il est parfois en lien avec l’odorat déjà adressé.). Ceci surtout avec l’autre perspective de la maturation des développements vers une 4ème ou 5ème étape du Web qui seront respectivement marquées par une immersion de l’usager dans un espace reliant les utilisateurs et les objets à tout moment et en tout lieu dans le monde physique ou virtuel en temps réel par une communication sans fil, ou par un Internet intelligent, faisant le lien avec les moyens, les besoins et les modalités pour les satisfaire. En attendant la projection pour l’étape suivante, imaginée avec la possibilité d’un web émotionnel ou alors de symbiose entre le réel et le virtuel. Avec un probable changement de certains des principes évoqués ici.

#educationauxmedias

#métacontenus

Guila THIAM

Share This Article
Leave a Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *