Face à la paralysie des juridictions, l’État sénégalais mise sur des réquisitions ciblées pour garantir la continuité du service public de la Justice.
Dakar – Face à la persistance du mouvement de grève dans le secteur judiciaire, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a ordonné des réquisitions de personnel dans les juridictions. Dans une circulaire datée du 18 juillet, le garde des Sceaux demande aux chefs de juridictions et de parquets de mobiliser greffiers et agents administratifs essentiels au maintien d’un service minimum dans les tribunaux du pays.
Cette décision intervient alors que les mouvements de grève initiés par le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) et l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ) perturbent le fonctionnement des juridictions depuis plusieurs semaines, avec pour conséquences immédiates des renvois d’audience et une accumulation de dossiers non traités.
Dans sa note, Ousmane Diagne souligne que cette mesure vise à préserver un pilier fondamental de l’État de droit : la continuité du service public de la justice. Il invite les chefs de juridictions à se rapprocher “sans délai” des gouverneurs et préfets, afin d’obtenir les autorisations de réquisition nécessaires. Le ministre insiste toutefois sur un encadrement strict, une proportionnalité des mesures et une justification claire fondée sur l’urgence des tâches concernées.
Les agents réquisitionnés devront prioritairement assurer la tenue des audiences et la gestion du courrier judiciaire urgent, dans le respect des droits des justiciables.
Enfin, le ministre appelle à un suivi rigoureux, exhortant les autorités judiciaires à rendre compte régulièrement à son cabinet de la mise en œuvre des réquisitions. Il rappelle également que celles-ci doivent se conformer au droit en vigueur encadrant les services publics en période de grève.
Cette réponse gouvernementale illustre les tensions persistantes entre le ministère et les syndicats du secteur, ces derniers dénonçant depuis plusieurs mois un manque de dialogue, des revendications salariales non satisfaites, ainsi qu’un déficit de moyens structurels. En attendant une issue négociée, l’exécutif semble déterminé à maintenir, coûte que coûte, l’accès à la justice.






























