Birane Ndiaye, l’un des six Sénégalais enlevés en territoire malien puis libérés sains et saufs, a livré un témoignage poignant dans les colonnes du journal L’Observateur. Il y décrit les conditions extrêmement précaires de leur captivité, marquées par la peur constante, l’humidité, les moustiques, et l’incertitude de la mort.
« Nous avons vécu une situation extrêmement difficile. Quiconque ose la minimiser, c’est parce qu’il ne l’a pas vécue ou ne peut l’imaginer », a-t-il déclaré. Enlevés par un groupe djihadiste non identifié alors qu’ils se trouvaient dans une zone frontalière du Mali, les six hommes ont passé plusieurs jours dans la forêt, retenus dans des conditions qu’ils qualifient eux-mêmes d’inhumaines.
« La nuit du Gamou, les djihadistes nous ont fait dormir sur une toile noire, en pleine forêt, sous la pluie, dévorés par les moustiques. Nous avons cru qu’ils allaient nous fusiller ou nous égorger », témoigne encore Birane Ndiaye, visiblement encore marqué par l’épreuve. À leur libération, ils n’avaient ni vêtements ni argent. Un proche lui remettra 5000 francs CFA, avec lesquels il achètera un tee-shirt et un pantalon pour rentrer.
Aucune information officielle n’a été communiquée sur les circonstances de leur enlèvement ni sur les modalités de leur libération. Les autorités sénégalaises n’ont pas non plus précisé s’il s’agissait d’un rapt ciblé ou d’un enlèvement opportuniste dans une zone instable, où de nombreux groupes armés sont actifs.
« Nous rendons grâce à Dieu d’être revenus vivants. Nous remercions tous ceux qui ont prié pour nous. Ça aurait pu être pire », conclut le rescapé.
Le témoignage de Birane Ndiaye rappelle la persistance de l’insécurité dans certaines régions du Mali, où civils, commerçants, agents humanitaires et étrangers peuvent être la cible d’enlèvements. Le cas des ressortissants sénégalais souligne par ailleurs les risques encourus par ceux qui se déplacent dans les zones frontalières, souvent peu contrôlées par les forces régulières.





























