Le mois d’octobre s’ouvre au Sénégal sous le signe de grands contrastes : alors que le pays s’apprête à accueillir la deuxième édition du Forum investir au Sénégal (FII), qui vise à lever plus de 10.000 milliards de francs CFA en intentions d’investissements, il doit également faire face à deux menaces sanitaires sérieuses — la variole du singe (mpox) et la fièvre de la vallée du Rift —, sans oublier l’onde de choc provoquée par l’affaire Madiambal Diagne, qui agite les cercles politiques et médiatiques.
Un forum économique pour transformer l’ambition en action
Prévu les 7 et 8 octobre à Dakar, le Forum investir au Sénégal entend marquer un tournant stratégique. L’événement, piloté par l’APIX (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux), ambitionne de devenir une vitrine de la nouvelle dynamique économique portée par la Vision 2050.
Selon Le Soleil, plus de 7000 participants sont attendus, contre 3000 en 2023. Lors de la première édition, 6394 milliards FCFA d’intentions d’investissements avaient été enregistrés. Pour cette édition 2025, l’objectif dépasse les 10.000 milliards.
Pour éviter que ces engagements ne restent lettre morte, la directrice de la promotion des investissements à l’APIX, Habibatou Emmanuel Thiam, a annoncé des mesures de suivi renforcées, en collaboration avec la Banque mondiale.
Une rentrée scolaire sous haute surveillance sanitaire
Mais cette effervescence économique ne saurait faire oublier l’urgence sanitaire. Le Sénégal fait face à une double alerte : deux cas de mpox ont été détectés à Dakar, tandis que la fièvre de la vallée du Rift a déjà causé huit décès parmi les 28 cas recensés à Saint-Louis.
Le Comité national de gestion des épidémies a été activé. Le ministère de la Santé appelle à la vigilance et à une implication citoyenne dans le respect des mesures de prévention. La rentrée scolaire, prévue pour le 8 octobre, se fera donc sous surveillance sanitaire, comme le souligne le quotidien Enquête.
Madiambal Diagne, entre soupçons financiers et silence médiatique
Sur le front politique, l’affaire visant le journaliste et homme politique Madiambal Diagne continue de secouer le pays. Visé par un mandat d’arrêt international, après avoir refusé de répondre à une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC), il est accusé par le parquet de blanchiment de capitaux à hauteur de 12 milliards FCFA.
Selon le quotidien L’info, ces fonds auraient transité via la SCI Pharaon, une société familiale soupçonnée de surfacturations et de flux financiers opaques. L’intéressé, promoteur du Quotidien, a publié une tribune dans son propre journal, se disant “serein” et prêt à se défendre “avec [sa] famille”.
Alors que l’État sénégalais veut se projeter dans l’avenir avec une stratégie de développement ambitieuse, ces trois dossiers montrent, chacun à leur manière, les défis de gouvernance, de transparence et de résilience auxquels il reste confronté.


