Le Conseil des ministres tenu le 1er octobre 2025 a permis au président Bassirou Diomaye Diakhar Faye de poser les jalons d’une rentrée gouvernementale active, marquée par des priorités plurielles : réforme de l’éducation, relance agricole, lutte contre les épidémies, mais aussi désencombrement urbain et promotion du développement territorial. Alors que les élèves retrouvent bientôt le chemin de l’école et que la capitale étouffe sous le poids du désordre, l’État semble vouloir reprendre la main.
L’école au cœur de la transformation nationale
À moins d’une semaine de la rentrée scolaire, le président Faye a réaffirmé son ambition de moderniser le système éducatif. Dans son intervention, il a insisté sur l’importance d’un enseignement ancré dans les réalités contemporaines, mais aussi dans les valeurs culturelles sénégalaises. Il a exigé l’accélération du programme de résorption des abris provisoires, la modernisation des infrastructures et l’intégration accrue des sciences, du numérique et des langues dans les curricula.
Il a également demandé une régulation plus stricte des frais de scolarité, tant dans le public que dans le privé, et une réflexion approfondie sur le système des cantines scolaires, perçu comme un levier de justice sociale et d’égalité des chances.
Une relance agricole adossée au local et aux coopératives
Sur le plan agricole, le président a salué les préparatifs de la campagne de production 2025, tout en appelant à une reconstitution rapide du capital semencier, en lien avec l’ISRA. Il a par ailleurs ordonné la relance du Programme des Domaines agricoles communautaires (PRODAC) et la mise en place accélérée des coopératives agricoles.
La promotion du “Consommer local” a été réaffirmée comme une priorité stratégique. Le président a ainsi demandé une mobilisation nationale autour de la 6e édition de l’initiative “Mois d’octobre, mois du Consommer local”, confiée au ministère de l’Industrie et du Commerce.
Une alerte sanitaire prise au sérieux
Alors que plusieurs cas de fièvre de la vallée du Rift ont été signalés dans le pays, l’exécutif veut éviter une propagation incontrôlée. Le président Faye a ordonné la mobilisation immédiate des dispositifs de prévention, en lien avec les ministères concernés, ainsi qu’une campagne massive de sensibilisation communautaire dans les zones à risque.
Par ailleurs, dans le cadre d’Octobre Rose, mois international de lutte contre le cancer du sein, il a exigé du gouvernement qu’il renforce la sensibilisation au dépistage précoce et qu’il améliore la prise en charge médicale des patientes.
Un désordre urbain devenu chronique
En parallèle des mesures sociales et sanitaires, la presse nationale s’est largement émue de l’état préoccupant du cadre de vie urbain. Sud Quotidien titre sur un “Sénégal, pays de désordre”, pointant l’occupation anarchique des rues, le bruit, la pollution et la saturation des espaces publics. L’info illustre ce constat avec le rond-point de Liberté 6 à Dakar, transformé en marché sauvage, au cœur d’un chaos urbain quotidien.
Ces phénomènes illustrent les failles persistantes dans la gouvernance urbaine et les limites des politiques de désengorgement mises en œuvre par les différents régimes successifs.
Une économie à deux vitesses
Enfin, la publication d’une note de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) sur la création de richesse par région a ravivé le débat sur les inégalités territoriales. En 2023, Dakar générait à elle seule 46 % du PIB national, selon l’ANSD. Un déséquilibre structurel que Le Quotidien résume par une formule lapidaire : “Il y a Dakar et les autres”.
Cette concentration des richesses dans la capitale reste un frein à l’aménagement équilibré du territoire, malgré les discours répétés en faveur de la décentralisation.
Une diplomatie économique en perspective
Le président Faye clôturera cette semaine politique intense en présidant, le mardi 7 octobre, la cérémonie d’ouverture du Forum Invest in Sénégal (FII Sénégal). Cette rencontre économique de haut niveau réunira l’ensemble du gouvernement, dans un contexte où le pays cherche à diversifier ses investissements, tout en garantissant leur ancrage territorial.
Éducation, santé, agriculture, urbanisme, croissance : en ce début octobre, l’agenda gouvernemental reflète les tensions multiples qui traversent la société sénégalaise. Entre volontarisme présidentiel et inerties administratives, l’exécutif devra faire preuve de méthode et de constance pour transformer les annonces en politiques durables.






























