Alors que la rentrée scolaire 2025-2026 approche, prévue pour le 8 octobre pour les élèves, le président Bassirou Diomaye Faye multiplie les signaux de fermeté. Lors du Conseil des ministres tenu mercredi 1er octobre, le chef de l’État a rappelé sa volonté de transformer en profondeur le système éducatif sénégalais. Un dossier prioritaire qui s’inscrit dans une séquence politique marquée par d’autres urgences : le chaos croissant dans les grandes agglomérations, notamment à Dakar, et les déséquilibres économiques persistants entre régions.
Réformer l’école à l’aune des réalités locales et contemporaines
Le quotidien Le Soleil a consacré sa une à la rentrée des classes, mettant en avant les grandes orientations présidentielles : revoir les curricula pour les aligner sur les réalités socio-économiques, renforcer l’enseignement des sciences, du numérique et des langues, mais aussi reconnecter l’école aux valeurs culturelles nationales.
Dans une tonalité plus sociale, Vox Populi rapporte que le président Faye souhaite approfondir la réflexion sur les cantines scolaires, les frais d’inscription, ainsi qu’une régulation renforcée entre établissements publics et privés. L’objectif : réduire les inégalités d’accès et garantir une meilleure équité territoriale.
Une capitale sous pression, un pays en désordre
Mais tandis que l’État s’efforce de redéfinir ses priorités éducatives, un autre chantier s’impose dans les pages des quotidiens : celui de la gestion urbaine. Sud Quotidien tire la sonnette d’alarme sur l’état du cadre de vie au Sénégal, dénonçant un “pays de désordre” où le bruit, les encombrements, la pollution et l’occupation anarchique de l’espace public deviennent la norme. Dakar est en première ligne : “la capitale étouffe”, écrit le journal.
Le constat est partagé par L’info, qui pointe du doigt la transformation du rond-point de Liberté 6 en “marché sauvage”, symbole du chaos urbain. Motos-taxis, étals de fortune, enfants mendiants, flux piétons denses : une ville débordée, où les failles de gouvernance deviennent de plus en plus visibles.
Dakar, moteur économique… au détriment des autres régions
Pendant que les autorités tentent de gérer les urgences sociales et urbaines, les chiffres publiés par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) rappellent une réalité économique plus structurelle. Selon les données 2023, la région de Dakar concentre à elle seule 46 % du PIB national, soit 8 567,7 milliards de francs CFA sur un total de 18 619,5 milliards.
Pour Le Quotidien, le diagnostic est sans appel : “Il y a Dakar et les autres”. Une formule qui illustre la centralisation persistante des activités économiques et le déséquilibre de développement entre la capitale et le reste du pays, malgré les politiques de déconcentration.
Un cap présidentiel face à de multiples urgences
Face à ce tableau contrasté, le président Faye s’efforce de poser les premiers jalons d’une gouvernance plus équitable. Réformes éducatives, relance agricole, promotion du “Consommer local”, redéploiement des coopératives : les signaux politiques sont clairs, mais les défis d’exécution restent immenses.
Alors que les élèves s’apprêtent à regagner les salles de classe, que Dakar se débat dans le désordre, et que les régions réclament plus de justice économique, le pouvoir exécutif devra démontrer sa capacité à agir vite, à l’échelle du pays tout entier — et non de sa seule capitale.






























