XALIMANEWS: L’un des porte-paroles de l’APR, Alioune Badara Coulibaly, a dénoncé le revirement du Pastef et de son leader, le Premier ministre Ousmane Sonko, concernant la question de l’homosexualité au Sénégal. Dans une publication récente, il critique le projet de loi déposé par le Premier ministre à l’Assemblée nationale, qui vise à durcir les peines pour relations homosexuelles, les portant de un à cinq ans à cinq à dix ans d’emprisonnement.
Selon M. Coulibaly, cette décision tranche avec l’engagement initial du Pastef de criminaliser l’homosexualité une fois au pouvoir. « Au bout de deux années de tergiversations, le discours et les intentions varient. On ne criminalise plus. On pénalise durement », écrit-il, dénonçant ce qu’il considère comme une posture opportuniste pour séduire l’opinion publique.
Le porte-parole de l’APR reproche également au Premier ministre de se défausser sur son prédécesseur, le président Macky Sall, pour justifier sa décision. « Avec cette nouvelle loi, on peut avoir ce qu’on cherche. Alors que si nous criminalisons, ceux qui étaient là pendant douze ans sans jamais le faire vont chanter partout que nous bafouons les droits humains », cite-t-il.
Pour Alioune Badara Coulibaly, la position de Macky Sall reste plus claire et courageuse sur le sujet. Il rappelle que dès 2014, le président Sall avait affirmé que « notre pays n’est pas prêt à dépénaliser l’homosexualité », précisant que ce phénomène est contraire à la religion musulmane et relève de la spécificité culturelle du Sénégal, tout en insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’homophobie.
Selon lui, le Pastef et Sonko, en durcissant simplement les peines, ne font que rejoindre la position de Macky Sall, sans véritable changement de fond. « Avant, la loi punissait de un à cinq ans d’emprisonnement, aujourd’hui elle passe de cinq à dix ans. Sinon il n’y a rien qui change », conclut M. Coulibaly.
Le porte-parole de l’APR s’interroge sur les raisons de cette volte-face et sur l’absence de cohérence entre les promesses électorales et les décisions législatives, dans un contexte où l’homosexualité reste criminalisée dans 26 pays africains.






























