XALIMANEWS: La sortie du président Bassirou Diomaye Faye continue de susciter de vives réactions au sein de la majorité. Après son entretien médiatique largement commenté, c’est au tour d’Amidou Diao, cadre de PASTEF Canada, de prendre la parole. Dans une interview accordée à Xalima, il remet en question la manière dont certaines réalisations du parti sont présentées, pointant une tendance à personnaliser ce qu’il considère comme un combat collectif.
D’emblée, Diao tient à clarifier sa position. Il ne s’agit pas, selon lui, de remettre en cause la légitimité ou le rôle du chef de l’État dans l’évolution du parti. Au contraire, il reconnaît son parcours et son implication à différents niveaux. Mais le cœur du problème réside ailleurs : dans l’usage récurrent du “je” pour évoquer des initiatives qui, d’après lui, sont le fruit d’un engagement collectif. Pour ce responsable de la diaspora, PASTEF s’est construit grâce à l’implication de militants au Sénégal comme à l’étranger, souvent au prix de sacrifices importants.
Dans son argumentaire, Amidou Diao insiste particulièrement sur le rôle déterminant de Ousmane Sonko. Il le présente comme la figure centrale ayant permis au parti de s’imposer sur la scène politique nationale. Son leadership, son charisme et sa capacité à incarner une rupture auraient été, selon lui, des éléments décisifs dans la conquête du pouvoir. Une manière de rappeler que, derrière les succès électoraux, il y a avant tout une dynamique portée par une vision collective.
La question des réalisations internes, notamment des initiatives comme le MONCAP ou le programme JOTNA, occupe également une place importante dans l’entretien. Diao rejette toute appropriation individuelle de ces projets, expliquant qu’ils sont issus de processus collaboratifs impliquant plusieurs compétences et contributions, notamment au sein de la diaspora. À ses yeux, ces réalisations sont le résultat d’un travail structuré, nourri par des échanges et des réflexions collectives.
Au-delà de ces précisions, l’interview laisse apparaître un débat plus profond. Sans parler ouvertement de crise, Diao évoque un décalage entre certaines orientations actuelles et les valeurs fondatrices du parti. Les alliances politiques, en particulier, suscitent des interrogations chez certains militants qui y voient un possible éloignement des principes de rupture, de patriotisme et de bonne gouvernance.
Malgré la fermeté de ses propos, Amidou Diao insiste sur l’objectif de sa démarche : rétablir les faits. Il affirme ne pas chercher la confrontation, mais plutôt préserver la mémoire collective du parti. Pour lui, l’histoire de PASTEF ne peut être réduite à une lecture individuelle, au risque de trahir l’engagement de ceux qui ont contribué à son ascension.
Cette sortie met en lumière une question essentielle pour l’avenir du parti au pouvoir : celle de la cohérence entre son histoire, ses valeurs et ses choix actuels. Un débat désormais public, qui pourrait peser sur les équilibres internes de PASTEF dans les mois à venir.






























