XALIMANEWS: Un nouveau séisme financier secoue la sphère publique sénégalaise. Dans une publication au ton alarmant, le quotidien Yoor-Yoor Bi révèle les conclusions accablantes d’un rapport provisoire de la Cour des comptes, mettant en lumière de graves irrégularités dans la gestion du programme « Intermag ».
Ce document de 291 pages, daté de décembre 2025, décrit ce qui apparaît comme l’un des scandales financiers les plus marquants sous le régime de Macky Sall. Derrière l’ambition affichée de moderniser l’agriculture sénégalaise, les enquêteurs évoquent un système opaque ayant conduit à la dilapidation de plus de 85 milliards de FCFA.
Des milliards engloutis dans des pratiques irrégulières
Le rapport pointe notamment 22 milliards de FCFA de paiements jugés indus, effectués sans vérification préalable du service rendu. À cela s’ajoutent des retraits massifs en espèces, estimés à 7,2 milliards de FCFA, qui auraient été remis à un administrateur privé dans des conditions jugées troubles.
Autre anomalie majeure relevée : la signature d’un contrat en violation des règles de l’OHADA, soulevant de sérieuses interrogations sur la légalité des procédures engagées.
Matériel défaillant et promesses non tenues
Sur le terrain, les conséquences sont tout aussi préoccupantes. Le rapport fait état d’équipements agricoles défectueux, notamment des tracteurs inutilisables ou jamais livrés, laissant de nombreux producteurs dans l’impasse. Une situation qui contraste fortement avec les objectifs initiaux du programme, censé soutenir et moderniser le secteur agricole.
Un système qui rappelle d’autres scandales
Selon Yoor-Yoor Bi, les mécanismes décrits dans ce dossier présentent des similitudes troublantes avec d’autres affaires sensibles, notamment celles liées à l’Aser et à Senum. Le recours à des offres spontanées contournant les organes de contrôle, les surfacturations et les circuits financiers opaques semblent dessiner un mode opératoire récurrent.
La question de la reddition des comptes posée
Au-delà des chiffres, ce rapport met en lumière ce que certains observateurs qualifient d’« ingénierie de la fraude », révélant une gestion des deniers publics profondément défaillante. Ce dossier relance ainsi le débat sur la transparence et la reddition des comptes au sommet de l’État.
Alors que ces révélations continuent de faire grand bruit, l’affaire « Intermag » pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre la corruption et l’impunité au Sénégal.






























