Dette du Sénégal : Alioune Tine appelle à poursuivre les négociations avec le FMI

Lesenegalaislibre
3 Min Read

XALIMANEWS: Le militant des droits de l’homme et fondateur du laboratoire d’idées Afrikajom Center, Alioune Tine, a plaidé lundi à Dakar pour la poursuite des négociations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) autour de la dette publique, jusqu’à l’obtention d’un accord.

Depuis plusieurs mois, les autorités sénégalaises et les responsables du FMI échangent sur la situation de la dette du pays. Les deux parties estiment que des engagements financiers importants auraient été contractés entre 2019 et 2024 sans être rendus publics, une accusation rejetée par l’ancien président Macky Sall.

« Il faut continuer à discuter et à négocier avec le Fonds monétaire international pour avoir un accord capable de susciter une meilleure confiance des investisseurs et un soutien financier pour la réduction de la pauvreté », a déclaré Alioune Tine.

Les discussions se poursuivent entre Dakar et l’institution financière internationale. Fin avril, des responsables sénégalais, parmi lesquels le directeur de la dette au ministère des Finances et du Budget, Alioune Diouf, se sont rendus à Washington pour rencontrer les dirigeants du FMI.

Alioune Tine s’exprimait lors d’une rencontre d’experts consacrée à « la crise de la dette au Sénégal ». Selon lui, les États africains gagneraient à mener des négociations collectives avec les institutions multilatérales.

« Quand ils sont séparés, il est évident qu’ils vont subir le diktat des institutions financières internationales », a-t-il soutenu, estimant que l’interdépendance créée par la mondialisation et le multilatéralisme impose une approche concertée sur les questions de dette souveraine.

Présent à la même rencontre, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a appelé à un contrôle parlementaire plus rigoureux et anticipatif afin d’éviter une nouvelle crise de la dette.

« Nous devons faire évoluer notre culture parlementaire en passant d’un contrôle ponctuel à un contrôle proactif, d’un examen sommaire à une analyse approfondie, d’une autorisation systématique à une vigilance démocratique renforcée », a-t-il déclaré.

Le président de l’Assemblée nationale a également assuré que la 15e législature avait engagé une transformation des méthodes de travail parlementaire, avec le renforcement des mécanismes de contrôle, l’introduction de nouveaux outils de suivi et une attention particulière portée à la performance des politiques publiques.

Selon lui, le Parlement doit désormais être capable de mieux comprendre les statistiques, d’évaluer les risques, de suivre l’exécution budgétaire et de rendre compte efficacement au peuple sénégalais.

Malick Ndiaye a toutefois précisé que ce contrôle accru ne traduit pas une défiance envers le gouvernement, mais vise plutôt à « protéger l’exécutif des dérives administratives ».

Share This Article