Dans toute défaite, il y a des joueurs qu’on accable. Il y en a qu’on oublie. Et il y en a qu’on devrait célébrer.
Au lendemain de cette défaite amère contre la France , deux Lions méritent cette célébration. Deux guerriers.
Krépin Diatta à droite. El Hadj Malick Diouf à gauche.
Quelle était leur mission respective?
Tout simplement neutraliser la ligne offensive française. La plus redoutable de ce Mondial. Rien que ça vous me direz.
À droite : Ousmane Dembélé — Ballon d’Or 2025. Puis Désiré Doué — 20 ans, explosif, imprévisible.
À gauche : Olise — l’homme du match en deuxième mi-temps. Puis Théo Hernández — latéral offensif de classe mondiale.
Deux couloirs. Quatre joueurs de classe mondiale. Deux Lions sénégalais pour les arrêter.
Krépin Diatta a terminé la première mi-temps avec une note Sofascore de 7.1 meilleure note individuelle de toute la défense sénégalaise. Son travail défensif actif et sa propreté dans la transmission lui ont valu cette distinction.
Le Sénégal a affiché un taux de duels gagnés de 75% en première mi-temps — supérieur aux 70% de la France.
Interceptions : 4 à 2 en faveur du Sénégal. Récupérations de balle : 30 à 28. Diatta était au cœur de ces chiffres.
Dembélé — le meilleur dribbleur d’Europe — rendu invisible pendant 45 minutes. La France n’a réussi aucun de ses 6 centres venus des côtés en première mi-temps. Zéro sur six. C’est la mesure exacte de la discipline défensive des deux latéraux sénégalais.
Et puis il y a Diouf. El Hadj Malick précisément. Jawrigne pour les intimes. 21 ans. 44 tacles et 33 interceptions cette saison à West Ham — l’un des latéraux les plus complets de ce tournoi, capable de défendre et d’attaquer avec la même intensité.
Hier soir contre Olise et Théo Hernández — il ne s’est pas contenté de bien défendre. Il a non seulement jamais été pris en défaut, il est le créateur de la plus grande occasion du match en xG côté sénégalais. Pas Mané. Pas Jackson. Pas Sarr. Lui, El Hadj Malick Diouf.
En deuxième mi-temps, quand le milieu sénégalais s’est effondré physiquement, ils se sont retrouvés seuls — deux contre un sur chaque couloir, sans soutien. Ils ont tenu aussi longtemps que possible. Ce n’était plus un problème de talent. C’était un problème structurel.
Le Sénégal a perdu le match certes.
Ces deux-là n’ont pas perdu leur duel.
Dans la déroute collective de la deuxième mi-temps, deux Lions ont gardé la tête haute et les couloirs fermés aussi longtemps que leurs partenaires du milieu leur ont permis de le faire.
Krépin Diatta. El Hadj Malick Diouf.
Deux Lions qui allient grinta et discipline tactique .
Paul Biagui





























