XALIMANEWS: Le dossier des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc prend une dimension à la fois sportive, judiciaire et diplomatique. En déplacement à Dakar, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a reconnu publiquement la gravité de la situation, la qualifiant de « préoccupation majeure » pour l’instance continentale.
Face à la presse, à l’issue de son audience avec le président Bassirou Diomaye Faye, Motsepe a insisté sur un point central : la responsabilité morale de la CAF. Les faits reprochés aux supporters se sont déroulés à l’intérieur du stade, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, une compétition organisée par la CAF elle-même.
Condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme pour « hooliganisme », ces 18 Sénégalais restent dans l’attente d’un procès en appel, plusieurs fois reporté. Le dernier renvoi, décidé par la justice marocaine, prolonge une tension déjà vive au sein de l’opinion publique sénégalaise.
Mais au-delà de l’aspect judiciaire, c’est désormais sur le terrain diplomatique que se joue l’essentiel. Patrice Motsepe a évoqué des discussions menées « à un niveau très élevé », impliquant directement les autorités des deux pays. Une manière de souligner que le règlement de cette affaire dépasse le cadre sportif et nécessite une coordination entre États.
Dans un ton mesuré, il a également rappelé le respect de la souveraineté du Maroc et du Sénégal, tout en reconnaissant la légitimité des préoccupations exprimées par les Sénégalais. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de discrétion, indiquant que ces négociations sensibles ne peuvent être exposées publiquement.
En filigrane, cette affaire pose une question plus large : jusqu’où va la responsabilité des instances sportives lorsqu’un événement qu’elles organisent débouche sur des conséquences judiciaires pour des supporters ? Une interrogation qui pourrait durablement marquer la gouvernance du football africain.






























