Procès des supporters : Me Patrick Kabou brise le silence et parle d’injustice

Lesenegalaislibre
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XALIMANEWS: La Cour d’appel de Rabat a confirmé, ce lundi, les peines de trois mois à un an de prison ferme prononcées en première instance contre 18 supporters sénégalais, arrêtés après les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 disputée le 18 janvier dans la capitale marocaine.

L’information a été rendue publique par leur avocat, Me Patrick Kabou, intervenant en direct sur la Radiodiffusion télévision sénégalaise.

Condamnés initialement le 19 février pour “hooliganisme”, les prévenus espéraient un revirement en appel. Mais après près de six heures de débats, la juridiction a décidé de confirmer les peines.

Une défense qui crie à l’injustice

Selon Me Kabou, plusieurs irrégularités ont entaché la procédure. Il affirme notamment que des éléments de preuve essentiels — photos et vidéos — n’ont pas été projetés à l’audience.

“Nous avons demandé que ces preuves soient présentées. Il nous a été répondu qu’elles n’avaient pas encore été versées au dossier, ce qui est étonnant”, a-t-il dénoncé.

La défense indique également avoir sollicité la convocation de la Confédération africaine de football ainsi que de la Fédération royale marocaine de football, en tant qu’organisatrices de la rencontre, sans succès.

“Aucune preuve matérielle”, selon la défense

L’avocat sénégalais soutient qu’aucune preuve tangible n’a été présentée pour établir la culpabilité de ses clients.

“Nos compatriotes doivent être jugés sur la base de preuves matérielles”, a-t-il insisté.

Il révèle par ailleurs que deux plaintes pour coups et blessures ont été déposées par les supporters sénégalais après leur arrestation, mais que ces éléments ne figurent pas dans le dossier judiciaire.

Vers des libérations imminentes ?

Malgré la confirmation des peines, certains condamnés pourraient retrouver la liberté dès samedi, selon la défense.

Me Kabou a salué l’attitude des supporters à l’annonce du verdict, évoquant leur “dignité”.

Une affaire aux relents politiques ?

Pour l’avocat, ce dossier dépasse le simple cadre judiciaire :

“Il s’agit d’une judiciarisation d’une défaite après une finale.”

Enfin, il a indiqué que la défense compte rendre compte aux autorités sénégalaises, tout en précisant qu’un pourvoi en cassation n’est pas envisagé pour le moment.

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