XALIMANEWS: Derrière l’annonce officielle d’une montée en puissance de la Senelec dans le capital de West African Energy (WAE), se cache une séquence bien plus complexe, faite de tensions internes, de procédures judiciaires et d’interventions politiques en coulisses. En reprenant l’intégralité du capital de WAE, dont elle ne détenait jusque-là que 15 %, la Senelec ne s’est pas contentée d’un simple repositionnement stratégique : elle a surtout débloqué un projet énergétique majeur, longtemps paralysé.
Au cœur de cette affaire, la centrale électrique de 366 MW de Cap des Biches, considérée comme un pilier de la souveraineté énergétique du Sénégal. Mais avant ce dénouement, le projet était enlisé dans des différends entre actionnaires, au point de compromettre son avenir. La restructuration opérée, avec un capital porté de 4 à 16 milliards de francs CFA, apparaît ainsi comme une opération de sauvetage autant qu’un coup de force.
Dans l’ombre de ce tournant, un nom revient avec insistance : Harouna Dia. Ancien actionnaire de référence de WAE, l’homme d’affaires revendique un rôle clé dans la résolution de la crise. Selon des propos rapportés par L’Observateur, il aurait personnellement activé des relais au plus haut sommet de l’État pour accélérer le déblocage du dossier.
C’est à Ouagadougou, en mai 2025, que se joue une partie décisive. En marge d’une visite officielle, Ousmane Sonko est interpellé par la communauté sénégalaise établie au Burkina Faso. Porte-voix de cette rencontre, Harouna Dia plaide directement pour une implication du chef du gouvernement dans le règlement du conflit autour de WAE.
Selon son propre récit, cette démarche n’était pas une première. Il évoque des échanges antérieurs avec le Premier ministre dès décembre 2024, dans un contexte où les blocages devenaient de plus en plus critiques. « J’ai été le premier à l’appeler au secours », confie-t-il, laissant entendre que sans cette médiation, le projet aurait pu rester durablement à l’arrêt.
Du côté des autorités, la réaction se veut mesurée mais déterminée. Ousmane Sonko aurait pris acte des préoccupations exprimées, tout en affirmant sa volonté de préserver les intérêts stratégiques du Sénégal dans ce dossier sensible.
Aujourd’hui, avec la prise de contrôle totale de WAE par la Senelec, une nouvelle page s’ouvre. Mais en toile de fond, cette affaire révèle surtout les fragilités de certains grands projets énergétiques, exposés à des rivalités d’intérêts et à des batailles judiciaires. Elle met également en lumière le rôle discret mais déterminant de certains acteurs économiques dans la résolution de crises à fort enjeu national.
Reste à savoir si cette reprise en main suffira à garantir la stabilité et la performance d’un projet désormais entièrement sous pavillon public, dans un secteur aussi stratégique que l’énergie






























