Trois organisations majeures de défense des droits humains au Sénégal – la RADDHO, la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) et Amnesty International Sénégal – ont lancé, ce vendredi 5 septembre 2025, un appel pressant aux autorités judiciaires pour qu’elles tiennent compte des conclusions médicales dans l’examen du dossier de Mouhamadou Ngom, dit Farba.
Placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 dans le cadre d’une procédure instruite par le Pool Judiciaire Financier (PJF), Farba Ngom fait l’objet d’un débat juridique et médical autour de son état de santé. À la demande de ses avocats, une première expertise avait été réalisée, mais contestée par le parquet financier, qui avait alors requis une contre-expertise.
En réponse, le Collège des juges d’instruction a désigné un collège de trois experts médicaux indépendants. Ces spécialistes, selon le communiqué conjoint publié par les trois ONG, sont unanimement reconnus pour leur compétence. Leurs conclusions sont claires : l’état de santé de Mouhamadou Ngom est incompatible avec la détention.
Face à ce constat médical, la RADDHO, la LSDH et Amnesty International Sénégal estiment que les autorités doivent agir en conformité avec les expertises qu’elles ont elles-mêmes sollicitées. « Nos organisations exhortent les autorités à prendre en compte les conclusions des expertises et contre-expertises médicales dans l’examen de la nouvelle demande de liberté provisoire introduite par les avocats de Farba Ngom », écrivent-elles dans leur communiqué commun.
Cette déclaration intervient alors qu’une nouvelle demande de liberté provisoire a été déposée par la défense de Farba Ngom. Le traitement judiciaire réservé à cette requête sera désormais observé de près par les défenseurs des droits humains, qui y voient un test important pour le respect des garanties fondamentales de la procédure pénale au Sénégal.
Les signataires de l’appel sont Alassane Seck (LSDH), Mouhamadou Seck (RADDHO) et Seydi Gassama (Amnesty International Sénégal).






























