XALIMANEWS: La Brigade régionale des stupéfiants (BRS) de Thiès, relevant de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), a procédé, le 9 janvier 2026, à la saisie de 196 kilogrammes de chanvre indien dans la localité de Mbodiène, département de Mbour. Le produit illicite, conditionné en six colis, était transporté à bord d’une charrette lors d’une patrouille de sécurisation. Les enquêtes se poursuivent pour identifier les propriétaires et les convoyeurs.
Au-delà de cette opération, un fait interpelle : les arrestations liées au trafic et à la consommation de drogue se multiplient à un rythme préoccupant. De nos jours, il ne se passe presque pas une journée sans que les pages de la police ou de la gendarmerie ne publient des interpellations liées au chanvre indien, à la cocaïne, aux drogues de synthèse ou aux médicaments détournés de leur usage médical.
Cette récurrence interroge et inquiète. Le Sénégal est-il en train de devenir une plaque tournante du trafic de drogue en Afrique de l’Ouest ? La question mérite d’être posée, tant les saisies deviennent importantes, les réseaux plus organisés et les modes opératoires plus sophistiqués, allant des charrettes rurales aux véhicules de luxe, en passant par les pirogues et les routes maritimes.
Si l’efficacité des forces de défense et de sécurité doit être saluée — car ces arrestations traduisent aussi une vigilance accrue et une présence renforcée sur le terrain — elles révèlent en même temps l’ampleur d’un phénomène qui dépasse la simple délinquance. Derrière chaque saisie se cachent des réseaux structurés, des enjeux financiers colossaux, mais aussi une menace réelle pour la jeunesse, première victime de la circulation et de la banalisation des drogues.
La lutte contre le trafic ne peut donc se limiter aux arrestations. Elle appelle une réponse globale, combinant répression, prévention, coopération régionale et politiques sociales fortes. Sans cela, le risque est grand de voir le pays glisser progressivement vers un statut de zone de transit privilégiée, voire de consommation croissante.
La multiplication des opérations policières doit ainsi servir d’alerte. Le combat contre la drogue est désormais un enjeu de sécurité nationale, de santé publique et de cohésion sociale.






























