Tabassé, poignardé, abandonné: un présumé voleur de moutons victime d’un lynchage collectif à Thiaroye, le film du drame

Lesenegalaislibre
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XALIMANEWS: Saliou Ndir, quartier de Djeddah-Thiaroye Kao, s’est réveillé sous le choc après une nuit d’une rare brutalité. Dans la nuit du 13 au 14 avril, S. Ndiaye, charretier de 27 ans, a été violemment agressé par un groupe d’individus qui l’accusaient d’avoir volé deux moutons.

Tout commence lorsque K. Sène, une femme de 75 ans, constate la disparition de son bétail. Soupçonnant le jeune homme, elle se rend chez lui pour exiger des explications et récupérer ses animaux. Face à ses dénégations, elle aurait proféré des menaces, promettant de se faire justice.

Quelques heures plus tard, la situation bascule. Vers 22 heures, son fils Ousseynou, alias « Seikh bi », récemment sorti de prison, mobilise plusieurs individus. Armés de couteaux, de bâtons et de pierres, ils interceptent le charretier dans la rue.

La scène est d’une violence extrême. Sous les yeux de riverains impuissants, la victime est rouée de coups, poignardée à plusieurs reprises, puis frappée à la tête avec des briques. L’agression, qui dure plusieurs minutes, laisse le jeune homme inerte, baignant dans son sang.

Alertée, la Brigade de recherches de la police de Thiaroye intervient et évacue la victime vers l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff. Son état est critique : il souffre d’un traumatisme crânien sévère et a été plongé dans le coma.

Dans la foulée de l’enquête, K. Sène a été interpellée puis placée sous mandat de dépôt pour complicité de tentative de meurtre, en tant que présumée instigatrice. Son fils Ousseynou, ainsi que les autres membres du groupe impliqué, sont actuellement activement recherchés par les forces de l’ordre.

Ce drame relance le débat sur les dérives de la justice populaire, où la violence prend le pas sur la loi, avec des conséquences souvent irréversibles.

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