XALIMANEWS: Chez Khady Dieng, la musique n’est pas arrivée comme un choix à faire. Elle était déjà là, dans le quotidien, dans l’ambiance familiale, dans les répétitions qu’on entend sans forcément les comprendre quand on est enfant. Fille de Safihou Dieng, musicien au sein de l’ASFA Orchestra des Forces armées sénégalaises, elle grandit dans un environnement où la musique fait partie de la vie, sans annonce particulière.

Elle s’en souvient surtout comme quelque chose de naturel. Des instruments posés dans un coin, des sons qui traversent les espaces, des moments de travail musical qui finissent par devenir familiers. Et puis, progressivement, sans rupture brutale, la musique prend plus de place.
À 15 ans, elle commence le piano. C’est là que les choses se précisent vraiment. Elle ne parle pas encore de carrière à ce moment-là, mais elle découvre un langage qui lui appartient. Le piano devient un espace personnel, presque intime, où elle commence à transformer ce qu’elle ressent en notes.
Aujourd’hui, elle se décrit simplement : passionnée, déterminée, créative. Trois mots qu’elle ne revendique pas comme une formule, mais comme une manière d’avancer. Parce que le parcours artistique, elle l’a vite compris, demande de la constance, et surtout une forme de patience.
Comme beaucoup de musiciennes, elle a aussi dû apprendre à se faire une place dans un environnement où il faut parfois insister davantage pour être écoutée. Elle n’en fait pas un discours, mais cela fait partie de son parcours.
Dans cette construction, la famille reste un repère important. Son père occupe une place fondatrice, mais pas uniquement comme référence artistique. Plutôt comme point de départ, celui qui a ouvert une porte sans forcément tracer la route.

En 2018, elle rejoint l’Orchestre Jiguene Gni, une formation 100 % féminine qui met en avant des musiciennes sénégalaises. Elle y joue du piano et prend aussi des responsabilités de cheffe d’orchestre. C’est une étape importante pour elle, parce qu’elle découvre une autre manière de vivre la musique : non plus seule, mais avec les autres.
Dans cet orchestre, elle parle souvent d’une énergie particulière. Une forme de solidarité entre musiciennes, mais aussi une exigence collective. Les répétitions, les scènes, les projets… tout se construit ensemble. Et ça change sa manière de voir son métier.
Mais en dehors de la scène, Khady Dieng est aussi très attachée à la transmission. Elle enseigne la musique aux enfants, et ce n’est pas un simple complément à sa carrière. C’est quelque chose qui fait partie de son équilibre.
Avec Dikh’Art Music School, elle pousse cette idée encore plus loin. Elle travaille avec des enfants dans différentes écoles au Sénégal, organise des ateliers, et essaie de rendre la musique accessible à ceux qui n’y auraient pas forcément accès autrement.
Il y a aussi des moments plus forts, notamment avec des enfants en situation de handicap. Dans ces espaces-là, la musique change de rôle. Elle devient un moyen de s’exprimer, parfois de se libérer, parfois juste d’exister autrement.
Aujourd’hui, elle continue d’avancer entre plusieurs rôles : pianiste, chanteuse, compositrice, cheffe d’orchestre. Elle travaille sur différents projets, avec une idée simple en tête : continuer à créer et à faire circuler sa musique.
En parallèle, elle explore aussi la photo et la vidéo artistique, sans forcément chercher à tout organiser dans un seul cadre. Plutôt comme une continuité naturelle de son regard.
Ce n’est pas une trajectoire spectaculaire au sens classique. C’est quelque chose qui se construit étape par étape, avec des choix, des rencontres, et une constance discrète. Une musique qui avance sans forcer le bruit, mais qui cherche clairement sa place ailleurs.

PIDvito, [email protected]






























