Enseignement supérieur : cinq directeurs de la DGES claquent la porte après un bras de fer avec le ministre

Lesenegalaislibre
3 Min Read

XALIMANEWS: Coup de tonnerre au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). Cinq hauts responsables de la Direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES) ont annoncé leur démission collective, invoquant de profonds désaccords avec le ministre Boubacar Camara sur l’orientation des politiques publiques du secteur.

Les démissionnaires sont :
• Abdoul Aziz Diouf, Directeur général de l’Enseignement supérieur ;
• Babou Diene ;
• Mame Penda Ba ;
• El Hadji Omar Thiam ;
• El Hadji Samba Ndiaye.

Dans leur déclaration commune, les cinq responsables expliquent leur départ par des divergences majeures concernant plusieurs dossiers stratégiques, notamment le projet ESPOIR-Jeunes, doté de 123 milliards de FCFA, le programme « Un étudiant, un ordinateur », financé à hauteur de six milliards de FCFA par an, ainsi que les projets de textes relatifs aux bourses d’études et aux amicales d’étudiants.

Au cœur du différend figure le projet ESPOIR-Jeunes, présenté par les démissionnaires comme un levier essentiel pour la transformation de l’enseignement supérieur sénégalais. Le programme prévoit notamment la construction de huit nouveaux ISEP à Bignona, Kédougou, Kolda, Koungheul, Louga, Richard-Toll, Sédhiou et Tambacounda, l’extension de l’ISEP de Diamniadio, la création de crèches universitaires ainsi que le financement des contrats de performance des universités. Les signataires estiment que les nouvelles orientations ministérielles risquent de compromettre ces chantiers stratégiques.

Les anciens responsables de la DGES défendent également la réforme du programme « Un étudiant, un ordinateur », qui devait, selon eux, favoriser l’assemblage local d’ordinateurs au sein des universités afin de renforcer la souveraineté technologique du Sénégal et d’améliorer la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.

Dans leur texte, les démissionnaires affirment avoir œuvré pour une « refondation sans concession de l’université sénégalaise » et rappellent les travaux réalisés dans le cadre de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (ANTESRI), qui a formulé 75 recommandations et préparé 34 projets de textes réglementaires destinés à réformer durablement le secteur. 

Cette démission collective constitue l’une des plus importantes secousses institutionnelles enregistrées ces dernières années dans le secteur de l’enseignement supérieur sénégalais et pourrait raviver le débat sur l’avenir des réformes universitaires engagées dans le pays.

Share This Article