L’alternance de 2024 avait suscité un immense espoir. Bassirou Diomaye Faye et Ousmane
Sonko furent portés au pouvoir par des Sénégalais désireux de changement, de justice et de
transparence. Cette aspiration était légitime. Mais gouverner ne consiste pas seulement à
dénoncer le passé : cela exige de la méthode, de la compétence, de la discipline et un véritable
sens de l’État.
Deux ans plus tard, la déception gagne une partie de l’opinion. La déclaration de politique
générale de Ahmadou Al Aminou Lo, nommé Premier ministre le 25 mars 2026 après avoir
succédé à Ousmane Sonko, a donné l’image d’un État fortement contraint par ses difficultés
financières. En évoquant un Sénégal relégué au « cinquième sous-sol », une image
internationale dégradée et une dette de près de 16000 milliards de francs CFA limitant les
investissements publics, le chef du gouvernement a confirmé l’étroitesse des marges de
manœuvre de l’État.
Les Sénégalais connaissent leurs difficultés. Ils attendent désormais une vision, un calendrier et
des résultats. Un gouvernement ne peut se contenter de dresser un constat alarmant : il doit
transformer les contraintes en solutions, protéger le pouvoir d’achat, créer des emplois et
restaurer la confiance des citoyens, des investisseurs et des partenaires.
La question de la dette et des comptes publics doit être traitée avec rigueur, transparence et
documents à l’appui. Les affirmations relatives à une prétendue « dette cachée » doivent être
soumises à des audits indépendants et à un débat institutionnel sérieux, sans
instrumentalisation politique. De même, les dossiers évoqués dans l’espace public —
notamment ceux liés à Laser 37, à Kosmos Energy, à Bakel ou encore à l’utilisation de fonds
publics alloués à des brigands doivent faire l’objet d’enquêtes impartiales. Une accusation ne
vaut pas condamnation : seule la justice peut établir les faits et les responsabilités.
La dégradation de la confiance accordée au Sénégal et de sa note souveraine constitue un
signal préoccupant. Elle rappelle qu’un pays ne peut être gouverné durablement par la
confrontation, les annonces contradictoires et la désignation permanente de boucs émissaires.
La démocratie suppose également le respect du pluralisme, de la liberté d’expression, de la
presse et du droit de manifester pacifiquement.
La formule « Les Sénégalais sont fatigués »
Souvent associée à Kéba Mbaye dans le contexte des crises politiques et sociales qui ont suivi
l’élection de 1988, demeure malheureusement actuelle. Un peuple peut supporter les difficultés,
mais il ne peut vivre durablement dans la peur, la division et l’incertitude.
À ceux qui ont beaucoup promis et longtemps parlé au nom du peuple, il appartient désormais
de reconnaître leurs erreurs. Après avoir nourri de grandes espérances, ils devraient présenter
leurs excuses aux Sénégalais et faire preuve de retenue. Le pays a suffisamment souffert des
outrances verbales, des contre-vérités et de la victimisation.
La formule de Léopold Sédar Senghor. « L’émotion est nègre, comme la raison est hellène »
doit être replacée dans son contexte historique et intellectuel. Elle rappelle néanmoins une
exigence essentielle : l’action publique ne peut reposer uniquement sur la colère, les slogans ou
l’émotion. Elle exige la connaissance, la compétence, la raison et la discipline.
Ce mandat paraît déjà politiquement compromis, mais tout n’est pas perdu. Le Sénégal
possède les ressources humaines, économiques, culturelles et spirituelles nécessaires pour se
relever. La société civile, les universitaires, les journalistes, les leaders d’opinion et les autorités
religieuses doivent prendre la parole avec responsabilité.
La question est simple: dans quel Sénégal voulons-nous laisser nos enfants ? Un pays divisé,
méfiant et gouverné par la peur, ou une République stable, libre, compétente et respectée ?
C’est dans ce contexte que nous assumons pleinement notre ancrage au sein d’une opposition
républicaine, responsable et constructive. Une opposition qui ne renonce ni à ses convictions ni
à son devoir de vigilance, mais qui demeure aux côtés des Sénégalais, défend ses intérêts et
contribue, par ses propositions, à la préservation de la démocratie et de l’État de droit.
Sous le leadership du président de l’Alliance pour la République, Macky Sall, nous réaffirmerons
notre engagement au service du Sénégal. Je tiens également à témoigner publiquement de ma
loyauté et à renouveler ma fidélité au président du parti. Cette fidélité n’est ni aveugle ni
intéressée : elle repose sur des convictions, sur une histoire politique partagée et sur la volonté
de poursuivre le combat républicain avec responsabilité, dignité et constance.
Le véritable patriote ne cherche pas à affaiblir son pays pour vaincre un adversaire. Il défend la
République, reconnaît ses erreurs et place l’intérêt national au-dessus des intérêts partisans. Le
Sénégal peut encore se relever, à condition de renouer avec la compétence, la rigueur, la
responsabilité et le respect des institutions. C’est dans cet esprit que nous continuerons à nous
tenir aux côtés du peuple sénégalais, au sein d’une opposition républicaine, constructive et
fidèle à ses convictions.
Le Sénégal face à la désillusion : défendre la République et préparer l’avenir.
L’alternance de 2024 avait suscité un immense espoir. Bassirou Diomaye Faye et Ousmane
Sonko furent portés au pouvoir par des Sénégalais désireux de changement, de justice et de
transparence. Cette aspiration était légitime. Mais gouverner ne consiste pas seulement à
dénoncer le passé : cela exige de la méthode, de la compétence, de la discipline et un véritable
sens de l’État.
Deux ans plus tard, la déception gagne une partie de l’opinion. La déclaration de politique
générale d’Ahmadou Al Aminou Lo, nommé Premier ministre le 25 mars 2026 après avoir
succédé à Ousmane Sonko, a donné l’image d’un État fortement contraint par ses difficultés
financières. En évoquant un Sénégal relégué au « cinquième sous-sol », une image
internationale dégradée et une dette de près de 16 000 milliards de francs CFA limitant les
investissements publics, le chef du gouvernement a confirmé l’étroitesse des marges de
manœuvre de l’État.
Les Sénégalais connaissent leurs difficultés. Ils attendent désormais une vision, un calendrier et
des résultats. Un gouvernement ne peut se contenter de dresser un constat alarmant : il doit
transformer les contraintes en solutions, protéger le pouvoir d’achat, créer des emplois et
restaurer la confiance des citoyens, des investisseurs et des partenaires.
La question de la dette et des comptes publics doit être traitée avec rigueur, transparence et
documents à l’appui. Les affirmations relatives à une prétendue « dette cachée » doivent être
soumises à des audits indépendants et à un débat institutionnel sérieux, sans
instrumentalisation politique. De même, les dossiers évoqués dans l’espace public —
notamment ceux liés à l’ASER (37 milliards), à Kosmos Energy(30 milliards), à Bakel ou encore
à l’utilisation de fonds publics alloués à des brigands doivent faire l’objet d’enquêtes impartiales.
Une accusation ne vaut pas dire condamnation : seule la justice peut établir les faits et les
responsabilités.
La dégradation de la confiance accordée au Sénégal et de sa note souveraine constitue un
signal préoccupant. Elle rappelle qu’un pays ne peut être gouverné durablement par la
confrontation, les annonces contradictoires et la désignation permanente de boucs émissaires.
La démocratie suppose également le respect du pluralisme, de la liberté d’expression, de la
presse et du droit de manifester pacifiquement.
La formule « Les Sénégalais sont fatigués », souvent associée à Kéba Mbaye dans le contexte
des crises politiques et sociales qui ont suivi l’élection de 1988, demeure malheureusement
actuelle. Un peuple peut supporter les difficultés, mais il ne peut vivre durablement dans la peur,
la division et l’incertitude.
À ceux qui ont beaucoup promis et longtemps parlé au nom du peuple, il appartient désormais
de reconnaître leurs erreurs. Après avoir nourri de grandes espérances, ils devraient présenter
leurs excuses aux Sénégalais et faire preuve de retenue. Le pays a suffisamment souffert des
outrances verbales, des contre-vérités et de la victimisation.
La formule de Léopold Sédar Senghor « L’émotion est nègre, comme la raison est hellène » doit
être replacée dans son contexte historique et intellectuel. Elle rappelle néanmoins une exigence
essentielle : l’action publique ne peut reposer uniquement sur la colère, les slogans ou
l’émotion. Elle exige la connaissance, la compétence, la raison et la discipline.
Ce mandat paraît déjà politiquement compromis, mais tout n’est pas perdu. Le Sénégal
possède les ressources humaines, économiques, culturelles et spirituelles nécessaires pour se
relever. La société civile, les universitaires, les journalistes, les leaders d’opinion et les autorités
religieuses doivent prendre la parole avec responsabilité.
La question est simple : dans quel Sénégal voulons-nous laisser nos enfants ? Un pays divisé,
méfiant et gouverné par la peur, ou une République stable, libre, compétente et respectée ?
C’est dans ce contexte que nous assumons pleinement notre ancrage au sein d’une opposition
républicaine, responsable et constructive. Une opposition qui ne renonce ni à ses convictions ni
à son devoir de vigilance, mais qui demeure aux côtés des Sénégalais, défend leurs intérêts et
contribue, par ses propositions, à la préservation de la démocratie et de l’État de droit.
Sous le leadership du président de l’Alliance pour la République, Macky Sall, nous réaffirmerons
notre engagement au service du Sénégal. Je tiens également à témoigner publiquement de ma
loyauté et à renouveler ma fidélité au président du parti. Cette fidélité n’est ni aveugle ni
intéressée : elle repose sur des convictions, sur une histoire politique partagée et sur la volonté
de poursuivre le combat républicain avec responsabilité, dignité et constance.
Le véritable patriote ne cherche pas à affaiblir son pays pour vaincre un adversaire. Il défend la
République, reconnaît ses erreurs et place l’intérêt national au-dessus des intérêts partisans. Le
Sénégal peut encore se relever, à condition de renouer avec la compétence, la rigueur, la
responsabilité et le respect des institutions. C’est dans cet esprit que nous continuerons à nous
tenir aux côtés du peuple sénégalais, au sein d’une opposition républicaine, constructive et
fidèle à ses convictions.
Professeur Alioune Fall Diop
14-09-2026




























