Et si Mari Ndiaye était la pièce que l’équipe nationale refuse de voir ? (Par Saloum Saloum bi)

Lesenegalaislibre
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Dans le football, il y a des angles morts qui finissent toujours par se payer. Et aujourd’hui, au sein de l’équipe nationale féminine A du Sénégal, deux évidences sautent aux yeux :

l’absence d’une spécialiste du poste de numéro 6… et celle d’une véritable tireuse de coups de pied arrêtés.

Le premier constat est structurel. Le rôle de sentinelle, si crucial dans le football moderne, n’est pas occupé par un profil naturel. À défaut, ce sont des joueuses formées comme défenseures centrales ou meneuses de jeu qui y sont repositionnées. Des choix par nécessité plus que par conviction, qui finissent par impacter l’équilibre global de l’équipe.

Le second constat est tout aussi révélateur. Sur coups de pied arrêtés, aucun leadership technique clair ne se dégage. Résultat : c’est la capitaine Korka, attaquante de métier et atout majeur dans la surface, qui se retrouve à les exécuter. Un paradoxe tactique qui affaiblit à la fois la qualité des frappes… et la présence offensive dans la zone de vérité.

Et pendant ce temps, dans le championnat local, un profil coche précisément toutes les cases manquantes.

Mari Ndiaye, 21 ans, capitaine du JOG, enchaîne les matchs, impose son tempo et assume pleinement le rôle de numéro 6. Propre à la relance, juste dans ses choix, dotée d’une lecture du jeu au-dessus de la moyenne, elle incarne ce liant souvent invisible mais indispensable.

Mais surtout, elle apporte ce que l’équipe nationale n’a pas : une spécialiste des coups de pied arrêtés. Trois saisons consécutives avec des buts sur corners directs et coups francs directs. Pas une promesse, une réalité.

Alors la question mérite d’être posée, sans détour : que manque-t-il encore pour qu’un tel profil entre dans la réflexion ?

D’autant que son potentiel n’est plus à démontrer, trer, et que son passage remarqué sous les ordres du coach Mbayang — aujourd’hui dans le staff — lors du sacre à l’UFOA A 2024, prouve qu’elle sait répondre aux exigences du haut niveau.

Le football de sélection ne peut pas se permettre d’ignorer des profils qui répondent aussi clairement à des manques identifiés. À ce niveau, ce ne sont plus seulement des choix… ce sont des responsabilités.

Et parfois, la pièce qui manque au puzzle n’est pas la plus visible. Mais c’est souvent celle qui change tout.

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